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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 09:38

 

Samedi 28 janvier, à Strasbourg, a eu lieu la première rencontre entre une maison d’édition (La Nuée Bleue) et des blogueurs (enfin, dans notre cas, des blogueuses). Cette rencontre a été organisée par Camille (Livre4Ever) et Julia.

 

Asuna, Avalon, Bubblegirl67, Harmony Petite Sorcière, Lanyla, Mandy88, Olya et moi avons donc rencontré Bernard Reumeux (directeur des éditions), Mathilde Reumeux (éditrice) et Hélène Rick (attachée commerciale) ; ainsi que Mireille Horsinga-Renno, l’auteur de Cher Oncle Georg.

 

Installées au café Michel, nous avons écouté Bernard Reumeux présenter le secteur de l’édition. Puis nous avons discuté avec Mireille Horsinga-Renno à propos de son livre.

 

 

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L’édition

 

La Nuée Bleue est une maison d’édition créée par le quotidien les DNA. Elle a donc un fort ancrage régional. Peu à peu, la maison d’édition s’est diversifiée afin de proposer des livres au grand public. Aujourd’hui, la Nuée Bleue édite plusieurs types d’ouvrages (documentaire, pratique, art de vivre,…) mais ne fait ni de littérature, ni de jeunesse.

 

Le secteur de l’édition se divise en trois secteurs. Tout d’abord, l’éditeur travaille le manuscrit d’un auteur. Cet auteur, il peut soit avoir contacté lui-même la maison d’édition (c’est le cas de Mireille Horsinga-Renno), soit être contacté par la maison d’édition. Le travail de l’éditeur consiste à prodiguer des conseils à l’auteur pour qu’il améliore son texte, à décider de la mise en forme, de la présence ou non d’image, de la date de parution,…

Une fois le livre fabriqué, c’est l’attaché commercial qui est chargé de vendre le livre, en le présentant aux libraires.

Enfin, il faut encore promouvoir le livre à travers la presse ou bien l’organisation d’évènements.

 

Par exemple, dans le cas de Cher Oncle Georg, c’est Bernard Reumeux qui a insisté pour que Mireille aille à Hartheim et rencontre le journaliste Walter Kohl, afin que le livre ait une base scientifique, et ne soit pas basé sur des on-dit. C’est aussi la Nuée Bleue qui a réalisé la couverture, en changeant le titre d’origine ("Janus et les papillons blancs"), pas assez parlant ; en choisissant la typographie du titre (qui était celle des affiches nazies) ; en prenant le parti d’utiliser deux polices d’écriture dans le livre.

 

 

bubble 5 

 

Cher Oncle Georg

 

Mireille Horsinga-Renno est une alsacienne qui a décidé un jour d’entreprendre des recherches généalogiques. Elle a ainsi pu retrouver un grand oncle, Georg. Elle a correspondu avec lui, elle a passé du temps chez lui. Mais elle a découvert un jour qu’il n’était pas juste son oncle Georg, mais aussi le docteur Renno, médecin nazi du programme T 4. Elle a voulu alors comprendre ce que son oncle avait fait, pourquoi il l’avait fait.

 

En 1998, soit un an après la mort du docteur Renno, Mireille Horsinga-Renno a décidé d’écrire son histoire, pour sa famille, et en particulier pour son fils. Elle est allée trouver un écrivain public, qui lui a dit qu’elle devait publier son livre, et l’a dirigée vers la Nuée Bleue. C’est ensuite Bernard Reumeux qui lui a demandé de retravaillé son livre, de tenter de contacter les filles du docteur Renno, et de prendre contact avec Walter Kohl, un journaliste qui a pu interviewer le docteur Renno.

 

Le livre a finalement été publié en 2006, et une grande promotion a été faite (Mireille a beaucoup circulé entre autre). Le résultat a été impressionnant : Cher Oncle Georg est un des rares livres de la Nuée Bleue qui a dépassé le cadre régional, et il y a même une chaine de télévision brésilienne qui est venu interviewer Mireille Horsinga-Renno !

 

Cette dernière a d’ailleurs été très étonnée du succès rencontré. Elle a notamment été très surprise, lors d’un passage en Allemagne, de recevoir autant de marques de sympathie. Aujourd’hui, des gens viennent la voir pour lui parler de la guerre, ou pour lui demander des conseils. Il y a même eu un projet pour adapter Cher Oncle Georg au théâtre.

Mireille Horsinga-Renno a sans cesse été encouragé par son fils et son mari, et ne regrette pas d’avoir écrit Cher Oncle Georg.

 

 

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Cette rencontre a été un formidable moment. Tout d’abord car je trouve que c’est une grande chance de pouvoir rencontrer des éditeurs, de savoir ce qui se passe avant qu’on tienne un livre entre les mains, de voir de l’autre coté de la barrière en quelque sorte.

Ensuite, parce que Mireille Horsinga-Renno est très intéressante, très touchante. Dans ses paroles, on ressent toute la difficulté qu’a représenté ce travail de recherche et d’écriture. Pour avoir lu le livre, je n’imagine pas combien ça a du être dur de revenir sur les lieux d’exercice du docteur Renno, de découvrir toutes ces horreurs, et enfin dur d’écrire ce livre.

 

 

Merci à Camille, Julia, les personnes de la Nuée Bleue et Mireille Horsinga-Renno pour cette rencontre enrichissante.

Merci à Bubblegirl, Lanyla et Livre4Ever pour les photos.

 

 

Et si vous voulez en savoir plus, Mireille Horsinga-Renno passera dans l’émission Secrets de famille, diffusée le 15 février, vers 22h, sur France 2.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 18:18

Suite à un concours organisé par Lecture Academy, j'ai gagné une entrevue via Skype avec John Flanagan, l'auteur de l'Apprenti d'Araluen, qui a eu lieu le 31 avril 2011.

Une entrevue qui s'est déroulée à merveille et dont je me souviendrai avec plaisir, et c'est du en grande partie à l'auteur lui-même.

 

 

 

 

John Flanagan est un homme absolument charmant, qui parle un peu le français (au moins aussi bien que je parle l'anglais). Après s'être bien installé, il tient à s'assurer que je serai capable de le comprendre sans trop de difficulté, quitte à écrire ses réponses. Puis il m'invite à lui poser ma première question.

 

Quand je commence par lui demander si les rodeurs peuvent se marier, il me demande quel livre j'ai lu, histoire de ne pas me révéler d'informations et de ne pas me gâcher la surprise. J'ai grandement apprécié (histoire de ne pas me faire spoiler malencontreusement par vous, chers lecteurs, je vous apprends que je n'ai lu que les cinq premiers tomes). Il m'apprend que oui, les rodeurs peuvent se marier.

D'ailleurs, il y aura deux mariages dans la série. Le premier, dans un tome proche, réunira un rodeur et une messagère (sur celui-ci, j'ai comme une idée de l'identité des personnages). Le second aura lieu dans le tome 11. Assez étonnée, je lui explique que je m'imagine assez mal un rodeur, assez souvent en vadrouille, marié. Il m'explique alors que cela peut très bien fonctionner, car les deux ont une carrière, il n'y en a pas un à la charge de l'autre.

 

Je passe alors à ma deuxième question : « Est-ce que tous les rodeurs sont des hommes ? » A ce moment, Mr Flanagan éclate de rire et me dit que cette question lui est posée toutes les semaines, et toujours par des filles ! Etrangement, je ne suis pas la seule à vouloir que les filles puissent faire partie de l'ordre des rodeurs. Mais cela ne tient pas à un quelconque sexisme, c'est une simple question de physiologie : il faut avoir une grande masse musculaire et beaucoup de force pour utiliser un arc. Or, les rodeurs sont généralement petits, et une petite femme ne serait pas capable d'utiliser un arc.

D'ailleurs, il se rattrape en disant que les femmes sont de bien meilleures diplomates car elles sont plus discrètes, et plus intelligentes.

 

Ensuite, déviant quelque peu du sujet, il m'interroge sur moi-même et sur la France, qu'il a visitée quelques fois. Il a notamment passé trois jours à Paris en octobre dernier et m'assure que pour un australien comme lui, voir des bâtiments vieux de plus d'un siècle, c'est formidable.

 

Revenant au sujet, je lui demande de quelle façon il trouve les noms de ses personnages et des lieux.

Pour lui, les noms de lieux n'ont pas été très durs à trouver, il s'est inspiré des noms de pays existants. Ainsi, Gallica doit nous faire penser à la Gaulle, Skandia à la Scandinavie,...

D'autres sont tirés de souvenirs personnels. John Flanagan m'a expliqué en autre qu'une quinzaine d'années plus tôt, il a voyagé durant six semaines à travers la France et l'Italie. Durant son voyage, il a visité un château, auquel le soleil de fin d'après-midi donnait des reflets rouges. Ce souvenir est resté dans sa mémoire et lui a inspiré le nom de Montrouge.

Seul « Araluen » a posé un problème. En effet, ce n'était pas le premier nom auquel avait pensé John Flanagan. Mais son éditeur lui avait dit que ce premier nom était bien trop proche de celui d' « Aragorn » (dans le Seigneur des Anneaux) et qu'il devait trouver autre chose. C'est le frère de Mr Flanagan qui lui a fournie la réponse. Ce dernier est généalogiste, et travaillait sur une famille nommée Araluen : voilà le problème résolu ! Après, il ne connait pas l'origine du nom, bien qu'il pense que ce soit irlandais (il y a beaucoup d'irlandais en Australie).

Pour les noms des personnages, par contre, c'est une autre paire de manche ! Ils lui ont causé bien des traquas. Au final, il se trouve que les noms courts sont plus faciles à trouver. Ensuite, il s'est à nouveau inspiré de noms réels. Par exemple, dans le livre 7 apparait un nouveau personnage dont le nom vient de Saladin (un souverain du Moyen Age musulman). Un autre exemple est celui de Gengis Khan (un célèbre empereur mongol) : le vrai nom de ce dernier est Temudjin... Vous avez compris bien évidemment que John Flanagan en a tiré le nom des Temujai (eux même fortement inspirés des Mongols).

 

Après, je lui ai demandé s'il avait fait des recherches particulières pour l'écriture de la série.

La réponse est non. Il avait fait des recherches avant d'avoir l'idée de la série, et elles lui ont servi. De plus, il n'avait pas besoin de faire de recherches particulières puisqu'il a toujours été intéressé pas les armes, les batailles (notamment car il est né après la Seconde guerre mondiale et du coup ça l'a marqué), les châteaux, l'époque médiévale,...

Par contre, pour son nouveau projet, il a passé du temps à se renseigner sur les Vikings (en autre à propos de leur bateau).

 

Pour terminer, j'ai voulu savoir quel était son personnage préféré. Il se trouve qu'il lui est impossible d'en choisir un. Il serait tenté de répondre Folâtre (« Tug » en anglais) et il aime aussi beaucoup Halt. Il apprécie beaucoup Horace, surtout dans les derniers tomes. Quand à Will, c'est un personnage intéressant placé dans un contexte ; il lui préfère l'équipe qu'il forme avec Horace.

En réalité, ses préférences évoluent, car les personnages grandissent aussi. C'est une chose nécessaire. Et l'auteur a une relation particulière avec ses personnages : c'est comme s'ils étaient présents dans sa tête et qu'ils lui parlaient. Il pense que s'il n'était pas écrivain, sa tête exploserait !

 

Ensuite, il enchaine et me dit qu'une amie à lui venait de finir sa série. Lorsqu'il lui a demandé comment elle s'était sentie, elle lui a répondu qu'elle avait fondu en sanglot. C'est en partie pour parer cet état qu'il commence à travailler sur sa nouvelle série.

Il m'explique aussi qu'il sait depuis qu'il est jeune qu'il veut être écrivain. Il avait écrit plusieurs livres, mais tous ont été refusés. L'ordre des rôdeurs est le premier qui a été accepté, et à ce moment il s'est dit « ça y est, je suis enfin auteur ! » Maintenant, ses livres sont traduits en plusieurs langues, il trouve ça fabuleux : de se dire que ses personnages vivent pour ses lecteurs, c'est génial ; de voir que des personnes d'Amérique ou d'Europe qui lui écrivent, alors que c'est si loin de l'Australie où il vit, c'est incroyable.

 

Mais voilà que l'entretien se termine. Après l'avoir remercier pour cet entretien, John Flanagan me souhaite de pouvoir lire rapidement le sixième tome, et le septième. Ce dernier, qui est l'un de ses préférés, estun flash back.

En effet, après avoir écrit le tome 6, Mr Flanagan s'est rendu compte qu'il n'avait pas parlé de la période durant laquelle Will passe d'apprenti à rôdeur. Ce septième tome se déroulera donc entre les tomes 4 et 5, avec la graduation de Will.

 

Pour résumé, j'ai passé trois quart d'heure formidable. John Flanagan est extrêmement gentil, il avait l'air content de discuter, et surtout, la conversation était un véritable échange et pas simplement un échange de questions-réponses.

Merci beaucoup à Lecture-Academy pour cette occasion exceptionnelle, et merci à Mr Flanagan d'avoir pris le temps de discuter et de l'avoir fait avec une si bonne humeur !

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