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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 17:41

Informations :

 

Edition : Folio

Date de parution : 2011

Nombre de pages : 198 p.

A propos de l'auteur : Jean Molla est né en 1958 à Oujda, au Maroc. Il a fait des études de lettres à Tours et à Poitiers puis, un peu par hasard, des études de tourisme. Il a été successivement apiculteur, professeur de guitare classique et guide dans un musée pour finalement devenir professeur de lettres. Après avoir enseigné dans de nombreux établissements de la Vienne et du Nord de la France, il exerce aujourd’hui dans un collège de ZEP, à Poitiers. Ce n’est qu’en 2000 que Jean Molla a commencé d’écrire, juste avant la naissance de son troisième garçon. (source : Gallimard-jeunesse.fr)

 

 

 

 

Emma est une jeune fille atteinte d'anorexie. Appréhendée dans un supermarché pour vol, elle ne peut qu'expliquer : « Je l'ai fait pour qu'on m'arrête. »

Pourtant, Emma veut savoir, Emma veut comprendre. « Sobibor », ce nom, prononcé par sa grand-mère polonaise peu avant sa mort, lui apportera plus que de simples réponses.

 

Dans ce récit mettant en scène une adolescente aux prises avec des réalités qui la dépassent, Jean Molla revient sur un des épisodes les plus tragiques du siècle dernier.

 

 

 

Mon avis

 

Pour cette fois, laissez-moi commencer par une petite histoire.

Il y a pas mal d'années, j'ai lu un livre qui m'a beaucoup marqué. Plus tard, j'ai voulu le relire. Mais je ne me souvenais ni de l'auteur, ni du titre, ni même de l'édition. Seul me restait dans la tête une scène particulièrement marquante du roman.

Il y a quelques mois, on m'a offert Sobibor. Le titre m'a titillé. Le résumé encore plus. Mais c'est après avoir lu les premières lignes du roman que tout m'est revenu. Je tenais entre les mains ce roman si longtemps recherché. C'est donc avec un plaisir immense que je me suis plongée dedans.

 

Emma, une jeune adolescente anorexique, commence par nous raconter qu'elle s'est fait arrêter dans un magasin, car elle volait. Quand sa mère lui demande pourquoi, elle répond qu'elle voulait qu'on l'arrête.

Pour comprendre cette réponse, il faut remonter dans le passé d'Emma. Jusqu'au moment où, un peu avant de mourir, sa grand-mère parle de Sobibor et d'un dénommé Jacques. Emma va vouloir comprendre ce qu'est Sobibor, et qui est ce Jacques dont elle n'a jamais entendu parler. Le journal écrit par Jacques, durant la deuxième guerre mondiale, alors qu'il était en poste au camp de Sobibor, en Pologne, va lui apporter de terribles réponses.

 

A travers ce roman, Jean Molla aborde plusieurs thèmes. Il revient sur un épisode marquant de notre histoire : l'extermination des juifs par la politique d'Hitler. Par ce biais, il nous questionne aussi sur la question de la responsabilité de nos gestes, sur la question du pardon. Il aborde aussi le thème de l'anorexie, et à quel point un « cadavre dans le placard », un secret de famille, peut se ressentir inconsciemment pendant plusieurs générations. Enfin, l'auteur nous met aussi face à une question en apparence tellement simple : comment aurions-nous réagi à la place d'Emma ?

 

Le style de Jean Molla est claire, compréhensible, sans fioriture. Il nous met face aux réalités dont il parle, ne cache rien derrière des figures de style ou des métaphores. Les évènements sont livrés sans se préoccuper de ne pas trop choquer le lecteur ou de susciter de la pitié.

 

Je trouve qu'il est difficile d'apprécier les personnages. La grand-mère d'Emma est secrète, et même si elle m'était très sympathique au début, ce sentiment décline au fil du roman.

Les parents d'Emma sont relativement absents. Quant à Emma, on comprend son état d'esprit, ses motivations. On ne la plaint pas, elle n'est pas non plus exaspérante. Mais sa réaction à la fin du roman est très dur, elle m'a choquée.

 

Sobibor est écrit d'une main de maître, et malgré les sujets durs abordés et les passages tristement marquants, je n'ai pas lâché ce livre.

En conclusion, c'est un excellant roman, qui va vous marquer et dont vous vous souviendrez longtemps après l'avoir lu.

 

A la fin du livre, Jean Molla écrit que l'origine du livre est le film Shoah, de Claude Lanzmann.

Sobibor n'est pas le premier roman qui parle de la seconde guerre mondiale et de ses horreurs. Le dernier que j'ai lu est Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre, de Ruta Sepetys. Mais dans celui-là, on ne nous parle pas d'Hitler et de l'Allemagne, mais des déportations de lituaniens sous le régime de Staline.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 18:00

Informations :

 

Edition : Le Passage

Date de parution : 2008

Nombre de page : 174 p.

A propos de l'auteur : Professeur de lettres, Fabrice Humbert est l’auteur de Autoportraits en noir et blanc, paru aux éditions Plon en 2001 et de Biographie d’un inconnu, paru au éditions Le Passage en 2008. L'origine de la violence est son troisième roman. (source : fabricehumbert.canalblog.com)

 

 

 

 

Thomas d'Entragues, écrivain raté devenu biographe de sportifs célèbres, est chargé par Victor Dantès, un riche entrepreneur, de retrouver la trace de Paul, son fils, parti de France avec le projet chimérique d'adapter à Hollywood le mythique Voyage au bout de la nuit de Céline.

Thomas s'envole pour New York, puis Los Angeles, avant de s'enfoncer toujours plus loin dans l'immense territoire américain. Peu à peu, il rencontre les hommes, et surtout les femmes, qui ont croisé la route de Paul.

Poursuivant sa recherche, Thomas se rapproche inéluctablement de cet inconnu, ce double de lui-même.

Et c'est ainsi qu'il apprend, derrière les lumières d'Hollywood, la véritable histoire de Paul Dantès et de son amour pour Laura Follett. L'histoire d'une disparition. Jusqu'au moment de la rencontre...

 

 

 

Mon avis

 

Thomas d'Entragues est un écrivain. Mais un écrivain qui n'a jamais été publié. Il a depuis longtemps abandonné son dada pour une activité certes moins gratifiante, mais qui le fait vivre : il est biographe.

Du fond de sa chambre, il écrit la vie de sportifs pour le compte de son éditeur, Urien. Mais un jour, son nouveau client a une demande très particulière : il ne veut pas que Thomas fasse sa biographie, mais celle de son fils Paul, qu'il n'a jamais connu.

Thomas part alors à la recherche de ce fils, à travers les pays qu'il a traversé, les personnes qui ont croisées sa route, pour enfin rencontrer Paul.

 

A travers la vision que d'autres personnes ont de Paul se dessine le portrait d'un homme particulier, un homme qui ne vit pas vraiment, un homme qui « s'efface », comme le dit si justement Thomas.

Mais dans le même temps, on fait la connaissance de Thomas d'Entragues, on apprend à le connaitre et pourquoi pas, on apprend à se connaitre soi-même.

 

Là réside la beauté du texte : un voyage durant lequel le narrateur parle assez peu de lui, et ne nous interpelle jamais, et pourtant, on se sent interpelé. Nous voyageons nous aussi. Pas à travers l'Amérique, mais plutôt à travers nous même. Peut être parce qu'on se retrouve en Thomas. Peut être parce qu'on a tous un peu de Paul en nous. Peut être parce que...

Chacun trouvera ses propres raisons, mais nul doute qu'à travers ses lignes, Fabrice Humbert vous touchera.

 

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